Il y a une affaire qui dure depuis 10 ans et qui est extrêmement douloureuse, c’est la situation de Vincent Lambert. Cet homme est dans le coma depuis 2008, suite à un accident de voiture. Un tribunal administratif vient de confirmer « l’obstination déraisonnable » quant au maintien en vie de cet homme. La justice a donc pris une énième décision concernant le cas Vincent Lambert. Elle ouvre la voie à la procédure d’arrêt des soins. 

Une brèche

Ce fait divers a déchainé bien des passions, des débats, des souffrances, des doutes, mais au-delà du cas, on touche à un problème difficile et douloureux qui est celui de la fin de vie, de l’acharnement thérapeutique, de l’euthanasie, et même du suicide assisté. Ce problème touche tout le monde et dans bien des pays d’Europe, des solutions sont proposées, mais aucune ne fait l’unanimité. D’ailleurs, certaines solutions mises en place depuis quelques années en Hollande, en Suisse ou au Canada, sont en train de soulever de nouveaux problèmes qui n’apparaissaient pas avant des pratiques pourtant légalisées.

Dérives et abus
En Suisse, par exemple, pays où on a légalisé le suicide assisté depuis bien des années, , on découvre aujourd’hui qu’il y a des dérapages, des pressions parfois redoutables, des traumatismes chez les proches qui se sont suicidés, sans parler des suicides autorisés pour de fausses raisons. Initialement, la loi prévoyait le suicide assisté pour des personnes malades et condamnées, taraudées par des souffrances physiques insupportables, mais aujourd’hui, le suicide assisté est pratiqué par des personnes qui veulent échapper à des situations pénibles, à un mal de vivre, à un environnement hostile…

Au nom de la dignité !

Au-delà du cas Lambert, que faut-il penser de cette notion qui semble juste : la mort dans la dignité ? 

Pour ce qui est de la France, il existait une loi sur les soins palliatifs qui visait à soulager la douleur, à apaiser la souffrance psychique, à sauvegarder la dignité d’une personne malade. Depuis 2016, au nom du « mourir dans la dignité » on a introduit un droit nouveau : le patient peut réclamer une sédation profonde et continue jusqu’au décès.

Qu’est-ce que cela veut dire « sédation profonde et continue » ?
Sédation = sédatifs. Il s’agit de traitements analgésiques utilisés pour répondre à la souffrance du malade en phase avancée ou terminale. On arrête tout traitement qui maintient en vie, et on donne au malade des sédatifs qui peuvent avoir, pour effets secondaires, d’abréger la vie. On ne parle pas d’euthanasie, mais cela lui ressemble. Et c’est là que la prudence est de mise. Cette fameuse « sédation continue », décidée parfois par le médecin, parfois par le patient, parfois par son entourage, voire par une décision du tribunal, peut devenir une euthanasie masquée. 

Comme pour le suicide assisté, il peut y avoir des manipulations de la loi ou des pressions de personnes qui aboutiront finalement à des débordements.

Un terrible aveu

En France, euthanasie et suicide assisté sont interdits, mais en l’espace de deux ans, trois propositions de loi visant à les légaliser ont été déposées sur le bureau de l’Assemblée Nationale. 

En Belgique, où cela est déjà autorisé, la Commission fédérale de contrôle et d’évaluation de l’euthanasie (CFCEE) admet être dans l’incapacité de déterminer les conditions véritables dans lesquelles les euthanasies ont été conduites. La pratique montre que l’encadrement annoncé dans la loi est vite débordé : c’est ainsi que, de 2012 à 2018, le taux de « patients psychiatriques et déments » parmi les euthanasies pratiquées est passé de 0,5% à 3%. Est-ce que cela n’est pas étonnant et préoccupant ? 

Il y a des lois sociétales qui semblent justes, généreuses, attentionnées. 

Comme l’enfer, elles sont pavées de bonnes intentions. 

C’est alors une nouvelle dérive éthique dont nous pourrions tous être un jour, une victime directe.

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