À chaque fois que je prends le TGV, je suis surpris d’entendre le chef de train annoncer qu’il faut attendre l’arrêt complet avant de descendre, et vérifier qu’il y a bien un quai avant de descendre. Ces avertissements sont d’autant plus étonnants qu’il est généralement impossible d’ouvrir les portes tant que le conducteur ne déverrouille pas les fermetures automatiques.

C’est le même principe de précaution qui me conseille de ne pas mettre un animal mouillé et vivant dans le micro-ondes, ou que je ne dois pas utiliser mon rasoir électrique sous la douche.

De fait, si on ne me prévient pas d’un risque ou d’un danger, je peux porter plainte et même gagner des procès.

Or, il semble que nos contemporains soient devenus très procéduriers et que les entreprises, les organismes, les institutions cherchent de plus en plus à se protéger de pareilles menaces. Au final, on nous infantilise : ne traversez la rivière que s’il y a un pont ; ne sautez pas de l’avion sans parachute ; ne saupoudrez pas votre pizza d’un savon en poudre pour lessive…

On a envie de hurler : Et le bon sens, purée !

Mais le bon sens est sans doute la chose la moins partagée au monde lorsque l’on constate jusqu’où va la bêtise et la complaisance à l’égard de la bêtise. 

Des consommateurs d’une boisson gazeuse énergisante ont porté plainte contre le fabriquant pour publicité mensongère. Le slogan était (et est toujours) : « La boisson qui donne des ailes ! » Comme les clients de cette boisson n’ont pas observé l’effet annoncé, ils ont décidé de réclamer des dommages et intérêts !

Faut-il en rire ? Faut-il s’affliger ? Faut-il encourager ce type de procédures et d’inepties ?

Le plus surprenant dans cette escalade, c’est que la compagnie incriminée, pour éviter un recours collectif en justice, a accepté de verser plus de 13 millions de dollars à ces consommateurs américains.

À ce train-là (attention à l’espace entre le marchepied et le quai !), on peut se poser des questions sur l’intelligence humaine. Et si le ridicule ne tue pas, malgré l’adage, il faut désormais porter plainte contre lui.

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