L’État décide maintenant que les 1000 premiers jours de l’enfant devraient lui appartenir !

L’État souhaite désormais « offrir » un accompagnement destiné aux parents et à leur bébé, depuis le 4e mois de grossesse jusqu’à environ 2 ans et demi.

Le projet sur lequel planche une commission scientifique présidée par le neuropsychiatre Boris Cyrulnik est de « lutter contre les inégalités de destin. » 

L’Élysée plaide pour ces 1000 premiers jours en ce termes : « Le président Macron a l’intention de répondre à un double appel. Celui des parents qui lui racontent le tourbillon de questions auxquelles ils n’ont pas toujours de réponses, et celui de la science qui nous dit l’importance des mille premiers jours d’un enfant. Pendant longtemps, on a cru que c’était une période qui devait rester dans la sphère privée. Nous, on considère que cela doit faire l’objet d’une politique publique ; sinon, on laisse prospérer des inégalités de destin. »

Voilà ! Tout est dit, et c’est plutôt inquiétant.

Manipulation et confiscation

Premièrement, et insidieusement, voire pernicieusement, on laisse ici entendre que les 1000 premiers jours d’un être commencent au 4e mois de grossesse de sa mère. C’est une belle façon fallacieuse de justifier l’élimination de l’embryon par avortement jusqu’à 14 semaines après le début des dernières règles de la mère (Loi Aubry-Guigou de 2001).

Deuxièmement, l’État est en train de confisquer l’enfant à ses parents. Sous prétexte que des mères insécurisées, parfois dans des environnements difficiles, risquent de mettre au monde des enfants qui auront du mal à se développer (sic), il faut mettre en place un nouveau cordon sanitaire et social.

Quand on demande à Boris Cyrulnik si c’est bien là le rôle de l’État, il n’hésite pas : « Un bébé est très facile à blesser, mais il est aussi très facile à réparer. Le gouvernement a indéniablement un rôle à jouer pour sécuriser la mère qui sécurise elle-même son enfant. »

Quant aux moyens à mettre en place, le neuropsychiatre explique : « Par des visites à domicile routinières de psychologues, d’infirmiers, de sages-femmes formés aux théories de l’attachement, auprès de personnes déjà repérées par l’aide sociale. »

Outre que le personnel qualifié manque cruellement dans les hôpitaux et qu’il faudra le trouver pour cette nouvelle mission, on se demande si être formé aux « théories de l’attachement » transforme lesdites théories en science vérifiée et certifiée.

L’État sculpteur 

Boris Cyrulnik défend l’idée qu’il faut extraire l’enfant à naître et le bébé des influences néfastes qui pourrait l’abimer. Il déclare, pour confirmer son avis : « On sait maintenant comment agir car le cerveau est sculpté par l’existence et par le milieu. On peut agir sur le couple, la famille. »

« On » pourra donc sculpter autre chose et autrement que ce qu’imprime le milieu et l’existence au sein d’une famille ! Voilà qui est magnifique.

Nulle part, dans les propos du neuropsychiatre, on entend parler d’une demande réelle des familles, ni de la liberté des parents, ni des nombreux cas où tout se passe finalement bien. Il pointe plutôt les 300 000 enfants dont s’occupe déjà l’aide sociale à l’enfance. Et c’est vrai qu’il faut se pencher sur cette population fragile, mais est-ce la bonne méthode ? Par contre, il évoque le coût exorbitant de ces 300 000 prises en charge qui coûtent près de 14 milliards d’Euros par an à l’État. Dès lors, s’occuper en amont des bébés, est-ce vraiment pour eux ou pour les finances ? Nous pourrions nous le demander lorsque l’intéressé confesse : « S’occuper d’un bébé, c’est une bonne affaire au point de vue financier ! »

KIDS Kidnaping

Tout cela semble préoccupant parce que derrière de fausses bonnes intentions, ce n’est pas l’enfant que l’on cherche à protéger, ni même les finances de l’État, mais la mise en place d’un État qui sculpte et formate ses enfants.

La question serait de savoir pour quoi !

Quelle sera la prochaine étape ?

Au moment sombre des guerres de religion en France, les catholiques enlevaient les enfants des familles protestantes, pour les envoyer dans des structures éducatives mises en place par les Jésuites. L’objectif était parfaitement annoncé : « Faire porter aux mauvais arbres de bons fruits ». Les Jésuites disaient qu’en leur confiant un enfant en bas-âge, ils pouvaient le laisser repartir dès 8 ans parce qu’alors, ils en avaient fait un bon catholique pour la vie.

Quand on ne peut être maitre des adultes qui savent encore penser et agir par eux-mêmes, on manipule la jeunesse pour qu’elle finisse par ressembler à ce dont on a besoin.

Sources  

« Un bébé est très facile à réparer » Article de Caroline Meyer et Agnès Leclair. Le Figaro du 1er octobre 2019

« L’État veut intervenir sur les 1000 premiers jours de l’enfant » Article de Stéphane Kovacs. Le Figaro du 19 septembre 2019

« Dieu, le juge et l’enfant – L’enlèvement des enfants protestants en France au 17 et 18ème siècles – Alain Joblin – Artois Presses Université – Octobre 2010

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1 commentaire

  1. La démarche de Boris Cyrulnik est dans la protection des enfants ayant un problème d’attachement, dans la pensée d’apporter une aide à ces enfants, mais aussi aux parents en souffrance à cause du comportement difficile de leur enfant. Je sais combien c’est compliqué d’apporter de l’amour à des enfants qui ne le supportent pas à cause de leur propre souffrance de n’avoir pu s’attacher, créer le lien avec la “mère”. Ayant adopté 4 enfants de l’étranger, dont deux ont particulièrement souffert de leur abandon, je sais ce que ces problèmes peuvent apporter comme souffrance à la famille où l’amour, les sentiments sont toujours sur le grill. Un coup je t’aime, un coup je te hais…. C’est insupportable. Alors , apporter un suivi à ces enfants et ces parents, est une chance inespérée pour que des familles se construisent et créent le lien qui ne s’est pas fait dans les premiers mois. Maintenant, toute prise en charge par un organisme d’état peut connaître une dérive, et j’en suis conscient. D’ici que ces structures se mettent en place, il faudra veiller aux débordements possible. Reste que pour certains parents, ce service répondrait à une attente, car “largués” et “jugés” au sein même de leur famille et de leur entourage qui ne sait pas ce qu’ils souffrent au quotidien.
    Daniel,

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