COMMENT GÉRER LE SCANDALE ? -1-

L’actualité ne cesse, depuis quelques semaines, de nous placer au cœur d’un nouveau scandale qui touche les violences sexuelles dont sont victimes des jeunes filles sportives par des entraineurs ou par d’autres personnes de diverses fédérations. Le scandale éclate et l’onde de choc est forte, un vrai tsunami. Il y a quelques temps, les mêmes accusations sur le même type de dérives, étaient mises au grand jour dans le monde du cinéma. Scandales à répétition encore dans le clergé catholique sur des enfants, voire sur des religieuses. Aucune sphère semble épargnée.

La boîte de Pandore

Nous savons qu’il y a des choses insupportables. Mais nous refusons souvent d’en prendre conscience, comme si la vérité devait nous souiller plus que le mensonge. Pendant tout un temps, on tente d’ignorer ; on étouffe, on évite d’en parler, on ne veut pas gratter parce que, quelque part, on a peur de trouver ce que l’on craint trouver. On soulève pourtant un jour le couvercle et c’est comme la boîte de Pandore : impossible de la refermer. Et cela vomit de toute part ! De révélation en révélation, on découvre que le cas particulier n’est pas un cas d’exception. On s’indigne, ou on est blasé ! On est écœuré, ou on reste dubitatif. Le scandale éclabousse tant et tant qu’on a peur d’entendre de nouveaux témoignages, de nouvelles informations, de nouveaux détails.

Mais cela ne nous regarde pas, Thierry !

Ainsi donc, il y a, derrière les sourires des vainqueurs, les bravos du public, les commentaires dithyrambiques des journalistes, les succès, les prouesses, les victoires, les coupes et les médailles plus
clinquantes les unes que les autres, des souffrances, des violences, des déviances qui font mal. Mal à
entendre, mais mal sur beaucoup de victimes qui depuis longtemps ont été blessées. Combien de destins brisés chez les jeunes filles et les jeunes garçons ? Comment gérer ces informations ? Comment affronter ces vérités insupportables ?

Nos complaisances

Dans un premier temps, et personnellement, je m’étonne d’un paradoxe surprenant. Le succès, la gloire, la notoriété et bien sûr l’argent, sont des éléments dont la presse et les réseaux sociaux vivent. On alimente ainsi des histoires, des fantasmes, des « contes de fées » fantastiques. On exploite les vies privées et on dévoile de plus en plus de choses qui devaient rester dans l’intimité. Le grand public (en quoi est-il grand ?) se délecte de toutes les intrigues de coulisses et tous les secrets sont dévoilés : « Secret story » à toutes les sauces amères. On filme tout ! On enregistre tout ! On publie et répercute tout, et on fait du buzz avec des choses croustillantes et des scandales malsains dont on se régale au lieu de s’en indigner. Jusqu’à ce que, quelque part et enfin, trop c’est trop. Et soudain, on s’étonne et on est scandalisé. Pourtant, on n’a pas cessé de présenter des scènes scabreuses, des scénarios tordus dans des films, dans des feuilletons, dans des séries, dans des « réalités-show » où l’on envenime les situations pour faire de l’audience. On joue les vierges effarouchées alors que nos curiosités vont jusqu’à fouiller toutes les poubelles qui s’offrent à nous.

Contamination

C’est un climat général auquel il est difficile d’échapper. On s’indigne comme tout le monde, on hausse les épaules ou on se détourne, dégoûtés, mais il y a chez nous une complaisance quotidienne avec le mal, avec le mauvais, avec le malsain, avec le moche, qui reste bien étrange. Nous sommes tous contaminés et nous acceptons tant de choses aujourd’hui, que les générations précédentes ne pouvaient pas même imaginer, mais que nous percevons désormais comme quasi normales.

Ne pas juger

Je pense à une personne de plus de 80 ans qui me parle de ses enfants, de ses petits-enfants et même de ses arrières-petits-enfants. Dans ces diverses générations, il y a des couples qui se font et se défont régulièrement, des membres qui vivent avec un copain, une copine dont on change plus rapidement que l’on change de téléphone portable, pour un nouveau modèle. Cette vieille dame me raconte tout cela avec un petit air de dire : « Que voulez-vous, c’est comme ça maintenant ! » On tolère, on accepte, on entérine jusqu’à trouver tout cela normal. Pour le moment, je constate. Je ne juge pas. D’ailleurs, c’est bien là le problème : il ne faut pas juger ! Et encore moins condamner. Si vous tiquez un peu, si vous vous étonnez, si vous tentez de poser des questions et surtout si vous risquez d’émettre un jugement plutôt négatif, vous êtes brusquement rangé dans le camp des ringards, des intolérants et des gens trop fermés. Même les prédicateurs aujourd’hui hésitent à être quelque peu précis parce qu’ils ne veulent pas être emprisonnés dans la tribu des légalistes et des rabat-joie.

Mais !

Faut-il tout accepter sous prétexte que c’est comme cela, maintenant ? Faut-il s’aligner pour rester dans le coup ? Faut-il taire tous les principes et toutes les vertus sous prétexte que cela dérange trop ? Faut-il se salir avec tout le monde pour demeurer proche à défaut de rester propre ?

Toutes ces questions surgissent et je me demande comment gérer cela et si la Bible peut me donner des pistes de réponses. Et je découvre que oui, la Bible affronte le sujet, et avec une rudesse qui peut décoiffer. (À suivre)

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