ARRÊTONS D’ÊTRE NAÎFS

À plusieurs reprises ces derniers temps, quelques politiques et économistes ont reconnu que la France, et l’Europe dans sa globalité, avaient été quelque peu naïves en signant trop facilement des contrats importants avec des puissances industrielles et commerciales foncièrement concurrentes.

Un cas de figure

Ce qui a explosé à la figure de la France – mais dont elle est si peu fière qu’elle reste muette sur la chose – c’est l’affaire du laboratoire P4 de Wuhan, en Chine.

Il s’agit d’un projet entamé en 2003 et qui a accouché dans la douleur et la suspicion, car très vite, les tensions entre la France et la Chine ont été plus fortes que certaines amitiés et quelques intérêts particuliers. Finalement, au moment de l’inauguration du laboratoire le plus dangereux de Chine – on y héberge les virus les plus mortels de la planète – les scientifiques français qui devaient travailler en parfaite collaboration avec les scientifiques chinois, ont été purement et simplement renvoyés chez eux. Tel le coucou qui vient d’éclore après avoir été couvé dans un nid qui n’est pas le sien, et qui pousse par-dessus bord les autres oisillons pour prendre toute la place, les chinois se sont débarrassés de ceux qui leur avaient offert leurs compétences et leur savoir-faire, au grand dam du président de l’institut Mérieux de Lyon, poignardé dans le dos.

Dès lors, on ne sait plus ce qui est étudié, manipulé ou trafiqué derrière les murs du fameux laboratoire dont en a beaucoup parlé depuis le début de la pandémie du Coronavirus qui, étonnamment, est partie de cette région.

Le royaume des bisounours

Mais ce cas particulier, et hautement symbolique, est à l’image d’un fonctionnement qui ne semble pas avoir été perçu par des décideurs responsables irresponsables. C’est ainsi que bon nombre d’industries françaises et européennes se sont installées en Chine depuis 20 ou 30 ans, se livrant pieds et poings liés à une puissance qui ne fait pas de sentiment quand il s’agit des affaires. D’ailleurs, le monde des affaires n’a jamais d’état d’âme, et nos fins stratèges, qui cherchent sans cesse la rentabilité et l’enrichissement, ne devraient jamais l’oublier.

« Un monde aux apparences pacifiques, ouvert aux échanges commerciaux et désireux de coopérations n’est pas pour autant un monde de ‘bisounours’ » signale Olivier Duha (entrepreneur – coprésident du groupe Webhelp). Il ajoute : « Les Américains, les Chinois, les Indiens ne sont pas nos ennemis, mais ce n’est pas pour autant qu’ils nous veulent du bien. » 

Voilà qui est clairement dit !

Attention aux faux amis

Cette dernière réflexion mérite une attention toute particulière.

Le prophète Jérémie se lamente de la culture ambiante de son époque : tout est corruption. Je ne pense pas que, depuis, le monde ait fait des progrès en ce domaine. Aussi, je lis les lignes du prophète en me demandant si ce n’est pas exactement ce qui pourrait être écrit aujourd’hui :

« Oh ! si ma tête était de l’eau, si mes yeux étaient une source de larmes, je pleurerais jour et nuit ! Si on me donnait au désert un gîte pour voyageurs, j’abandonnerais mon peuple, je m’en éloignerais ! Car ce sont tous des adultères, c’est une bande de traîtres. Ils ont la langue tendue comme un arc pour la fausseté ; ce n’est point par la fidélité qu’ils sont puissants dans le pays ; car ils vont de méchanceté en méchanceté et ils ne me connaissent pas.

Que chacun se garde de son ami, et qu’on ne se fie à aucun de ses frères ; car tout frère est un perfide supplanteur, et tout ami répand des calomnies. Ils s’abusent les uns les autres et ne disent pas la vérité ; ils exercent leur langue à dire des choses fausses, ils se fatiguent à commettre des fautes. » (Jérémie 9)

Rien de nouveau, sous le soleil !

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