Oser pointer les problèmes

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“Mes frères, j’ai appris à votre sujet… qu’il y a des disputes au milieu de vous.” 1 Co 1.10

Dans sa première épître aux Corinthiens, l’apôtre largue plusieurs bombes qui ont dû provoquer quelques déflagrations retentissantes au sein de la communauté qui, sans doute, avait oublié qu’assemblée rime avec unité. Paul exhorte, du haut de son autorité d’apôtre, à vivre en véritable fraternité. Une fraternité construite sur un unique fondement : Jésus-Christ. Les 10 premiers versets de cette lettre mentionnent à 6 reprises la seigneurie de Jésus. Il est la seule référence à laquelle se fixer. Si Paul insiste, c’est parce que la division menace l’Eglise. Cette menace ne peut qu’aboutir à l’implosion, la dispersion, la perdition. C’est pourquoi l’apôtre insiste : “Il faut tenir un même langage, chercher à être unis dans un même esprit et un même sentiment.” Imaginez la tête des Corinthiens lorsque le jeune Timothée lit le courrier de Paul. “Mais de quoi je me mêle? Qu’est-ce qu’il peut bien savoir étant si loin ? Il se prend pour qui à nous faire la leçon ?” Or, Paul ne veut pas que l’on pense qu’il parle à la légère. Il se permet de citer ses sources : “J’ai appris, par les gens de Chloé qu’il y a des disputes.” Tous les yeux se sont alors tournés vers Chloé. Non seulement il y a division et avis divergents, mais il y a disputes. Pourquoi tourner autour du pot ou faire semblant que ce n’est pas important Il ne faut pas davantage entretenir des suppositions avec des “on m’a dit” en évitant de préciser qui est “on”. Si Paul nomme des personnes, ce n’est pas pour dénoncer des rapporteurs, mais pour mettre chacun dans une position de vérité, en refusant la lâcheté. Les gens de Chloé ont sans doute accepté que Paul les cite afin que tout se passe dans la transparence. Il y a trop de situations compliquées, dramatiques, empoisonnées, parce qu’on n’ose pas appeler un chat un chat, parce qu’on a peur du jugement, on est trop susceptible, on ne veut blesser personne, on ne veut pas avoir tort… Autant de fausses excuses pour éviter d’affronter nos erreurs, nos faiblesses, nos manquements. Paul prend le risque de crever les abcès. Or, l’expérience prouve que c’est seulement après cette opération que viennent le soulagement et la guérison.

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