Éric Denimal

L’Etranger dans la Bible (2)

Dans la Bible, et notamment dans l’Ancien Testament, au moins quatre mots différents sont utilisés pour parler de l’étranger.
Le plus courant est le mot GER qui, en hébreu, veut signifier un habitant d’un pays qui n’est pas le sien.
L’une des figures les plus importantes du premier livre de la Bible, la Genèse, se nomme Abraham.
Abraham est le père des trois religions monothéistes, à savoir le judaïsme, le christianisme et l’islam.
Mais Abraham est, avant tout, le premier étranger, le premier Ger dont la Bible parle.
Il quitte la Mésopotamie, sur un appel du Dieu créateur, pour devenir un migrant, un nomade, en Canaan et même en Egypte.
Si Abraham est un migrant, Moïse – autre figure emblématique de la Bible – se présente comme tel dans le livre de l’Exode, lorsqu’il est obligé de fuir l’Egypte (encore l’Egypte) après avoir tué un soldat qui maltraitait un esclave hébreu.
Et plus tard encore, Moïse donne à son fils premier né le nom de Gershom (avec la racine Ger) parce que, dit-il : « Je suis un immigré en terre étrangère. »
Notez que dans cette simple déclaration, Moïse utilise deux termes différents pour parler de l’étranger ; l’un est traduit par immigré, l’autre par l’adjectif étrangère, dans l’expression « terre étrangère ».
Toujours dans la Torah, il est dit que les Israélites ont été Ger, des immigrés, des étrangers en Egypte (encore et toujours cette Egypte).

Un passé chargé

Si je m’arrête sur la situation des Hébreux en Egypte, au commencement, à l’époque de Joseph et de son père Jacob-Israël, c’est pour rappeler que ces gens ont été premièrement bien accueillis par le pharaon. Ce pharaon avait d’ailleurs fait de Joseph son bras droit.
Le Ger est donc un étranger qui trouve sa place, qui est reçu, qui est accueilli et qui a le droit de s’installer.
Mais les Hébreux, immigrés dans le territoire de Gossen, demeurent des immigrés, des étrangers non assimilés. Même si beaucoup adoptent certainement les divinités égyptiennes et si plusieurs ont envie, dans le désert, d’y revenir – je pense à l’épisode du veau d’or avec Aaron dès que Moïse a le dos tourné – les Hébreux ont tendance à ne pas trop se mélanger.

Une fois que le peuple sera sorti d’Egypte, sous la houlette de Moïse, puis lorsqu’il aura conquis Canaan sous celle de Josué, il devra mettre en pratique un commandement noté dans le livre des Lois, le Lévitique : « L’étranger qui réside avec vous sera pour vous comme un compatriote et tu l’aimeras comme toi-même, car vous avez été étranger au pays d’Egypte » (Lévitique 19. 34)

Nous sommes tous des étrangers

La Torah, c’est à dire les cinq premiers livres de la Bible, attribuée à Moïse et que l’on nomme aussi Pentateuque, donne de nombreuses indications sur l’attitude, pour ne pas dire sur l’éthique, qui doit être de rigueur à l’égard de l’étranger.
De nombreuses lois le protègent autant au niveau socio-économique que moral et religieux.
Pour les Hébreux, devenus les accueillants, il y a une idée force au début de tout concept, une vérité à partir de laquelle tout se construit, à savoir que la terre appartient à Dieu et que les hommes ne sont que des hôtes de passages, des migrants.

« Dieu dit : la terre m’appartient et vous n’êtes, pour moi, que des étrangers. » (Lévitique 25. 23)

A l’image de Dieu, et parce qu’il est dépositaire de ses dons, le peuple doit être garant du respect de l’ordre divin initial. Autrement dit, puisqu’ils se savent migrants sur terre et bénéficiaires de l’amour du Créateur, les Hébreux doivent agir à l’égard des étrangers avec la même bienveillance dont ils sont l’objet de la part de Dieu.

Mais la Bible constate aussi la situation du monde avec réalisme. Si Israël a le privilège de recevoir la révélation de Dieu, les autres peuples sont encore dans l’ignorance du Dieu unique et universel. Les nations, sans les lois reçues au Sinaï au moment où les Hébreux deviennent un peuple, sont dites païennes et sombrent dans l’idolâtrie.
De son côté, le peuple descendant de Jacob-Israël, ayant reçu les Dix commandements, doit veiller à ne pas se laisser contaminer par les erreurs du monde environnant.
D’où le cordon sanitaire (et pas que sanitaire) qui se construit de plus en plus entre le peuple de Dieu et l’étranger, les étrangers, les autres nations.

Israël en exemple

Cela ne veut pas dire pour autant que l’étranger est à exclure ou doit être considéré systématiquement comme un ennemi.
Au contraire. Il faut l’accueillir et lui offrir tout ce que Dieu offre à son peuple, au travers de ses lois et de ses grâces. C’est en cela que le peuple de Dieu est un exemple pour les autres nations, voire un prototype.
Ainsi, dans la Torah, on peut lire des préceptes très précis : « Il n’y aura qu’une loi et qu’un droit pour vous et pour l’étranger qui réside chez vous. » (Nombres 15. 16)
Ou encore : « La sentence sera chez vous la même, qu’il s’agisse d’un citoyen ou d’un étranger. » (Lévitique 24. 22)

Afin que l’étranger soit bien intégré, la Torah lui offre la possibilité de participer aux rituels religieux, aux fêtes, aux sacrifices et aux offrandes.
Il lui faut cependant respecter les pratiques et restrictions alimentaires, et subir, pour les mâles, la circoncision : marque de l’appartenance au peuple de l’Alliance.
Ce sont là les signes forts d’une complète intégration, laquelle est aussi une conversion.

Au moment de la conquête de Canaan, les Hébreux intègrent en leur sein une famille étrangère de Jéricho. Il s’agit de la famille de Rahab, une femme qui avait aidé les espions de Josué et surtout, qui avait confessé sa foi dans le Dieu des Hébreux en déclarant : « Je sais que l’Eternel vous a donné ce pays… L’Eternel votre dieu est dieu dans les cieux en haut et sur la terre en bas… »
L’étrangère Rahab devient membre du peuple.
La solidarité est alors complète et il ne doit plus y avoir de différence entre l’étranger et l’indigène.
Exemple de cette attitude dans le Lévitique : « Si ton frère devient pauvre, et que sa main fléchisse, tu le soutiendras. Et tu feras de même pour celui qui est étranger et qui demeure dans le pays, afin qu’il vive avec toi. Tu ne tireras de lui ni intérêt ni usure, tu craindras ton Dieu, et ton frère vivra avec toi. » (Levitique 25. 35-38)
Nous restons alors dans cet esprit qui est de dire que nous sommes tous des hôtes de Dieu sur la terre lui est la sienne.

L’étranger ennemi

Quand on regarde l’utilisation du terme Ger, dans l’Ancien Testament, on note que nous sommes en présence d’un étranger qui, entrant chez un peuple, devient membre du peuple, à l’exemple de Rahab, l’étrangère de Jéricho.
L’hospitalité et l’égalité de traitement sont liées à l’inclusion de l’étranger, à son assimilation volontaire dans la communauté de l’Alliance.

Cependant, la Torah parle d’un autre type d’étranger, et de comportement tout aussi différent : le Nekhir.
Lui, c’est l’étranger qui refuse l’autre, qui devient ennemi, et particulièrement l’ennemi d’Israël.
L’exemple qui peut être appelé pour expliquer cette situation est celui du roi Amaleq – toujours dans la Torah – et de son peuple, les Amalécites.
Ces gens se positionnent contre Israël et contre son Dieu. Il lui barre littéralement le passage vers la Terre Promise. Dès lors, les Amalécites deviennent les étrangers à éviter, les ennemis qu’il faut même éliminer pour ne pas être éliminé.
Moïse, lorsqu’il passe le relai à Josué, mentionne ces étrangers-là, ces Nekhar, pour dire qu’ils sont devenus étrangers même pour Dieu puisqu’ils l’offensent.
Cependant, même pour un Nekhar, il y a une piste et un accueil possible. Le Nekhar peut devenir Ger en se laissant gagner par l’amour de Dieu et par l’attachement au peuple de Dieu. C’est l’exemple de Ruth la Moabite, l’étrangère.
Intéressant de noter au passage que l’exemple est encore féminin, comme avec Rahab.
En migrant à Bethléem, en faisant du Dieu de la Bible son Dieu et en faisant du peuple juif son peuple, Ruth devient membre à part entière du peuple de Dieu. Bien plus, elle devient l’aïeule directe d’un certain David, futur roi d’Israël et ancêtre de Jésus, natif lui aussi de Bethléem. Ruth – comme Rahab d’ailleurs – entrent ainsi dans la généalogie du Christ.
Faut-il parler d’une intégration réussie ? D’une migration devenue féconde ?
Certainement !

Un message difficile

Si l’on s’en tient aux données bibliques, et si on cherche à savoir aujourd’hui ce qu’il en est de l’accueil de l’étranger, de sa place dans le pays où il réside, on est obligé de formuler quelques conclusions inconfortables.
Il est très difficile, au sein d’une même nation, d’accepter une mosaïque de cultures, de moeurs et de comportements irréductibles, puis espérer un vivre ensemble sans crispations.
Vivre côte à côte n’est pas être ensemble.
Le modèle biblique n’a jamais été, n’est pas et ne sera jamais celui du monde. Mais il est un modèle vers lequel tendre.
Le monde contemporain, au nom de ses idéologies, de la tolérance, de la démocratie, de la liberté individuelle, aura tendance à refuser un modèle biblique trop contraignant.
Mais nos contemporains ont-ils une perception et un accueil de l’étranger meilleurs que ce que propose la Bible ?
Tant que l’on occultera la dimension religieuse et cultuelle de l’homme dans l’assimilation de l’étranger, on risque de ne jamais atteindre une solution satisfaisante.
On peut espérer mettre en place une philosophie humaniste sécularisée, et souhaiter réussir. Mais on ne parle plus alors de références bibliques.

(A suivre)

L’Etranger dans la Bible (1)

L’actualité est parfois brutale avec les informations qui évoquent les déplacements de migrants aujourd’hui. Des passeurs malveillants et cupides ajoutent à ce problème un poids de violence et de cruauté indigne. Les gouvernements, bien embarrassés, surtout lorsqu’ils ont des côtes sur la Méditerranée, cherchent des solutions qui doivent surtout satisfaire leur électorat. Mais l’accueil de l’étranger demeure un problème humain plus que politico-économique.

Le chrétien que je suis est mal à l’aise face aux discours souvent malsains autour de l’étranger. Que faut-il penser et comment agir en ayant l’esprit évangélique invité dans la réflexion ?

Il n’est pas inutile de se poser la question : Est-ce que la Bible aborde le sujet de l’étranger, du migrant, du demandeur d’asile ?

Eh bien, la réponse est claire, d’emblée et sans hésitation : la Bible, Ancien et Nouveau Testament, parle beaucoup de l’étranger. Autant que de la veuve et de l’orphelin ; autant que du pauvre et de l’exclu. D’ailleurs, le statut de l’étranger est souvent associé à celui des déshérités, des oubliés, des faibles, des vulnérables.

Veillons au vocabulaire

L’Ancien Testament, qui est écrit en hébreu, utilise plusieurs mots différents pour parler de l’étranger, en fonction notamment de sa situation.

Les mots utilisés (au moins quatre) ne sont pas nécessairement des synonymes et ces termes ne sont pas – en tout cas rarement – interchangeables.

Pour que vous saisissiez bien que derrière les mots, les définitions ne sont pas toujours les mêmes, et que surtout les notions changent, je vous rapporte le témoignage d’un exilé ukrainien avec lequel j’ai beaucoup échangé récemment. Il me disait : « Au départ, j’étais demandeur d’asile pour des raisons politiques, ne voulant pas être incorporé de force dans l’armée de mon pays contre la Russie. L’Administration Française m’a ensuite désigné comme réfugié – et c’est vrai que j’avais besoin d’un asile, d’un refuge ! Mais pour finir, j’ai été classé dans les migrants en quête de papiers pour être en règle et pouvoir chercher du travail. Ainsi, j’ai été perçu, par certains, comme un sans papier en situation irrégulière. »

La situation de cette personne est aujourd’hui régularisée et elle a trouvé un emploi. Mais le cursus de cet homme m’a ouvert les yeux sur la différence entre chacun des termes qui parlent de l’étranger ; des termes que nous inter-changeons en oubliant qu’ils ne disent pas la même chose, surtout pour la personne concernée : demandeur d’asile, émigré, réfugié, apatride, sans-papiers, migrant, expatrié…

L’Ancien Testament précise

Les écrivains bibliques font bien la différence, et pour eux, il y a étranger et étranger : plusieurs mots, disais-je, pour parler de plusieurs types de situation.

Il y a, par exemple, l’étranger de passage. Ce n’est pas tout à fait un touriste puisque c’est un étranger avec lequel il y a échange, commerce, relation, sans qu’il y ait installation et assimilation. Avec lui, il convient d’être honnête, même s’il n’est pas compatriote.

Il y a, ensuite, l’étranger qui le reste et qui devient même un ennemi dont il faut se méfier, dont il faut s’éloigner. Face à cet étranger, il faut rester … étranger, séparé.

Bien souvent, l’étranger est celui qui n’est pas dans la même ligne qu’Israël. Il est différent et susceptible d’être tenu à distance s’il décide volontairement de se détourner du peuple de Dieu.

Le terme le plus souvent utilisé dans la Bible est le terme GER, et son statut est très particulier, parfois difficile à discerner parce que c’est une personne qui mute, qui connait une mutation pour ne pas dire une migration.

C’est l’étranger qui s’installe et qui change d’identité pour se saisir de celle du pays qui l’accueille.

Puisque l’on parle de la Bible, il s’agit ici de l’étranger, le païen, l’idolâtre, qui devient israélite en adoptant toutes les règles civiles et religieuses des enfants d’Abraham.

Abraham étant le tout premier migrant puisqu’il sort de Mésopotamie pour chercher une terre, là où Dieu le guide.

Le GER dont parle l’Ancien Testament est donc un étranger qui s’assimile, qui se convertit même.

L’exemple le plus flagrant et le mieux illustré est celui de Ruth l’étrangère, Ruth la Moabite.

Pour l’heure, nous en restons aux généralités.

L’Exode comme référence

L’étranger est souvent celui qui est étrange, différent, autre. Et du coup, il fait peur. Et particulièrement à l’Israélite de l’Ancien Testament, lui qui se trouve tellement en opposition avec les cultures païennes et polythéistes.

Or, Dieu – le Dieu de la Bible – a, à l’égard de l’étranger, une toute autre attitude, et il demande au peuple juif d’en faire autant.

Un des textes références se trouve dans le livre de l’Exode, c’est-à-dire dans l’un des cinq livres qui constitue la Torah.

Ce texte est plus qu’intéressant parce qu’il évoque plusieurs histoires en même temps : « Tu ne maltraiteras pas l’étranger et tu ne l’opprimeras pas, car tu as été toi-même étranger en Egypte. » (Exode 22. 20)

Il n’est pas dit qu’il faut éviter de maltraiter ou d’opprimer l’étranger pour des raisons humanitaires ou fraternelles. Il est dit : « Parce que tu as été toi-même étranger en Egypte »

Cette expression revient très régulièrement dans la Torah et cela fait écho à l’expérience douloureuse des Hébreux esclaves en Egypte, et dont Moïse – l’un des plus importants personnages de l’Ancien Testament, et sans doute le plus important du Judaïsme – les a fait sortir.

L’expérience en Egypte doit servir de leçon de génération en génération, et elle est martelée plusieurs fois.

Il faut se souvenir que le livre de l’Exode (et qui dit exode dit migration) relate avec précisions la souffrance des Hébreux, descendants de Jacob-Israël, sous la férule de plusieurs pharaons.

Rappelons un peu cette histoire.

Pendant plus de 400 ans, les Hébreux ont été des immigrés en Egypte. Mais vers la fin de cette longue période, ils ont été réduits en esclavage. Cette période plus dramatique a duré plus de 40 ans.

Les Hébreux ont crié leur détresse à Dieu en espérant de lui une délivrance. Si je m’aventure à dire que cet état a duré plus de 40 ans, c’est parce qu’en lisant les premiers chapitres de l’Exode, je découvre les plaintes du peuple face à un pharaon qui, non seulement exploite cette main d’oeuvre à bon marché, mais par peur d’une infiltration dans son pays, tente d’en réduire le nombre. En effet, le pharaon voit la population juive se développer sur ses terres et il a peur que ces étrangers non assimilés deviennent des agents dormants pour des ennemis extérieurs. Du coup, il met en place une stratégie qui doit réduire le nombre d’Hébreux.

Sa politique devient assassine lorsqu’il décide de faire jeter dans le Nil tout enfant mâle naissant dans le camp des Hébreux.

C’est dans ce contexte très menaçant que va naître, de façon clandestine, un certain Moïse. Moïse sera le sauveur des Hébreux en les faisant sortir d’Egypte et en les guidant vers la Terre Promise. Mais ce scénario ne vient que 40 ans plus tard. Voilà pourquoi je disais que l’oppression avait sans doute duré plus de 40 ans.

Et 40 ans d’esclavage, d’oppression et de menaces, c’est long.

La souffrance du peuple de la Bible a donc été relativement longue. Et son souvenir doit rester présent dans les générations suivantes.

La Pâque annuelle commémore et rappelle la sortie d’Egypte et la fin de l’esclavage, mais le croyant juif doit toujours se souvenir qu’il a été esclave et étranger sur les bords du Nil.

Cette histoire marque éternellement la conscience du peuple de Dieu.

Et lorsqu’il est devant un étranger, l’Hébreu ne doit pas devenir une espèce de nouvel égyptien. Son comportement ne doit pas être celui d’un pharaon oppresseur.

Au contraire, l‘israélite doit avoir de la considération, voire une attention toute particulière à l’égard de l’étranger. Il doit lui offrir ce qu’il a espéré recevoir et qui lui a été refusé en Egypte, jusqu’à ce que la liberté soit accessible, sous la houlette d’un Moïse qui conduit au Sinaï où sont données les Tables de la Loi.
La Bible dit, d’une certaine façon : Tu as été victime ; maintenant que tu ne l’es plus, ne devient pas bourreau. Les enfants battus ne doivent pas devenir des enfants qui frappent. Il faut casser le cycle infernal. Il faut surmonter la peur en s’ouvrant à l’amour. Un amour qui vient d’ailleurs.

En Egypte, l’Hébreu a été exploité, menacé, oppressé et même exterminé. On lui a imposé des charges de travail, des horaires et des cadences inhumaines. On a essayé de le dégoûter de la vie au point qu’il n’ait plus envie de faire des enfants, et lorsqu’il procréait quand même – dans une espèce d’acte de résistance – on a tué les petits garçons qui venaient au monde en les offrant au dieu Nil.

Une façon pernicieuse d’empêcher une génération de vivre, de tuer une race à la base. Mais aussi d’alimenter un type de spiritualité idolâtre.

Naturellement, cette histoire est une histoire ancienne qui n’a aucun parallèle possible avec notre époque tellement plus évoluées !

Quoi qu’il en soit, le message biblique, et donc le message de Dieu, reste le même.

Je vous ai cité le texte d’Exode 22. Toujours dans la Torah, on trouve deux autres textes très proches, mais on note la gradation dans le relationnel à l’égard de l’étranger.

Dans Deutéronome (10,19), Dieu semble franchir un pas de plus et du coup, il encourage ses adorateurs à en faire autant : « Tu aimeras l’étranger car au pays d’Égypte vous étiez étrangers ».

Puis dans le Lévitique (19. 34), la recommandation devient encore plus pressante : « L’étranger qui réside avec vous sera pour vous comme un compatriote et tu l’aimeras comme toi-même, car vous avez été étrangers au pays d’Égypte ». »

Comme moi, vous avez noté l’évolution : au début, on dit de ne pas exploiter, de ne pas maltraiter l’étranger. Puis, le Dieu de la Bible dit qu’il faut l’aimer. Et enfin, il faut faire de lui un compatriote.

Des droits et des devoirs

Naturellement, il faut aussi un cheminement du côté de l’étranger.

Ce dernier doit cesser d’être étranger et ennemi, puis il doit accepter les lois et les coutumes du pays accueillant jusqu’à se convertir au même Dieu.

Certains diront que cette politique d’intégration qui passe par la conversion au Dieu de la Bible, au Dieu du peuple hébreu, est un peu abusive, qu’on ne peut obliger les hommes du monde à accepter le Dieu d’Israël.

Cet argument semble juste, mais il est fallacieux et trompeur.

En effet, la Bible qui dit qu’il faut aimer l’étranger dit aussi que Dieu n’est pas un Dieu étranger pour l’étranger. Le Dieu de la Bible est celui de toute l’humanité, et pas seulement celui d’Israël.

A Israël a été confiée la mission de faire connaître ce Dieu universel, créateur du monde et de tout ce qu’il contient, mais ce Dieu-là n’est pas une idole locale, ni la propriété des Hébreux. Il n’est d’ailleurs la propriété de personne.

Par contre, il est le Dieu qui aime tous les hommes, lesquels doivent migrer vers lui. Tel est le message de la Bible.

(à suivre)

Quand je contemple les cieux…

Le rédacteur en chef d’un important journal signale, dans un article récent, la chose suivante : « Les planétologues savent aujourd’hui que notre galaxie contient près de 20 milliards de planètes du type de la Terre. Nous parlons bien de la seule Voie lactée quand il existe des milliards de milliards de galaxies dans l’univers ! Sauf à être de mauvaise foi, ces chiffres titillent notre rationalité. La probabilité que nous ne soyons pas les seuls dans l’univers a augmenté de façon non négligeable avec ces découvertes… Accessoirement, cela remet en question quelques siècles de croyances religieuses postulant que l’Homme est au centre de l’univers. La pax romana établie entre religion et science, l’une s’occupant du pourquoi l’Homme existe et l’autre de comment la vie consciente est apparue dans l’univers, ne tient plus. »

Autrement dit, puisqu’il est probable que l’homme ne soit pas le seul être vivant dans l’univers infini, la foi chrétienne en Dieu devient caduque. Voilà une conclusion pour le moins hâtive, et sans doute idéologique. En effet, balayer ainsi “quelques siècles decroyances religieuses” ressemble à la mauvaise foi dont veut pourtant se défendre le journaliste.

Sans faire de la théologie-fiction comme d’autres font de la science-fiction, rien n’empêche le Dieu créateur de l’univers, qui a donc aussi créé la terre et ce qu’elle contient, d’en avoir fait autant ailleurs. Avec, sans doute, un programme différent si les extra-terrestres se sont comportés autrement que le terrien. L’existence d’extra-terrestres n’interdit pas la notion d’un créateur. Les anges, êtres célestes, ne sont-ils pas déjà des extra-terrestres ?

Le journaliste qui s’amuse du postulat selon lequel l’Homme est au centre de l’univers a, sur ce point, peut-être raison. Mais il semble ignorer que l’Homme, créée à l’image de Dieu, s’il n’est pas au centre de l’univers, est au centre de l’amour de ce Dieu.

Un univers en chiffres

Ces petites remarques faites, je veux relever cependant quelques informations importantes dans les propos du journaliste. Ce qui m’impressionne le plus, dans cet article, c’est ce que les planétologues semblent être capables d’avancer : ils affirment que dans notre seule galaxie, il existe 20 milliards de planètes du type de la Terre, et ils comptent des milliards de milliards de galaxies au-delà de la nôtre ! Là, on peut reconnaître avoir un peu le vertige. Ces chiffres, carrément astrologiques, sont écrasants.

Dans ce vaste monde qui dépasse l’entendement et qui permet aux scientifiques d’élaborer toutes les hypothèses possibles et imaginables (à noter que l’imagination ne semble pas avoir, elle non plus, de limite) ; dans ce vaste monde, la Bible reconnait que l’homme n’est que poussière. Voilà qui donne une échelle ! S’il grandit et s’élève à un niveau bien supérieur de celui de la poussière, escaladant les marches de l’ambition, de l’orgueil et de la vanité toute sa vie, à la fin, il n’en retourne pas moins à la poussière d’où il vient. Et ses mains sont aussi vides à sa mort qu’à sa naissance.

Un peu d’humilité, s’il-vous-plaît !

Les prétentions humaines, y compris celles des scientifiques, devraient donc être à la mesure de son état : poussière tu es, et poussière tu seras ! (Genèse 3. 19)

Je ne sais ce que les planétologues pensent ou osent reconnaître, lorsqu’ils observent, avec leurs télescopes hyper puissants, l’univers insondable, mais personnellement, je ne trouve d’autres mots que ceux du poète de l’Ancien Testament : « Quand je contemple ton ciel, œuvre de tes doigts, la lune et les étoiles que tu as mises en place, qu’est-ce que l’homme, pour que tu te souviennes de lui, qu’est-ce que l’être humain, pour que tu t’occupes de lui ? » (Psaume 8. 4-5)

Ces questions, humbles et justes, ont aussi une réponse biblique : « Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire, l’honneur et la puissance, car tu as créé toutes choses et c’est par ta volonté qu’elles ont été créées et qu’elles existent. » Ainsi s’exprime Jean, l’auteur de l’Apocalypse.

Nous pouvons encore poser la question du “pourquoi” Dieu a créé le monde et, entre autres, l’homme. La réponse n’est peut-être pas scientifique, mais elle est magnifique : pour son plaisir et afin que nous, ses créatures, puissions avoir la joie de le connaître.

Éric Denimal

La Bible pour les Nuls Finalement, c’est quoi ce livre ?

Il y a quelques jours, une dame me disait quelle avait assez de traductions différentes de la Bible chez elle pour ne pas, en plus, acheter La Bible pour les Nuls. Cette personne croyait donc que ce livre était une traduction en français courant, ou fondamental, de la Bible pour les gens qui ne savaient pas trop bien lire.

Jai essayé dexpliquer à cette dame que La Bible pour les Nuls n’était pas une Bible, mais plutôt un livre dintroduction à la Bible pour les lecteurs qui ne la connaissent pas trop et qui souhaitent savoir ce que contient la « Parole de Dieu ».

Je lu ici aussi affirmé que je navais pas la prétention ni les compétences pour proposer une traduction personnelle de la Bible. Nest pas Segond ou Chouraqui qui veut !

Cependant, cette anecdote me pousse à présenter cette Bible pour les Nuls. Dans un deuxième temps, je vous dirais comment ce projet est né et comment sa réalisation tient du miracle.

Une collection pédagogique

La Bible pour les Nuls est un ouvrage qui ressemble à une encyclopédie sur la Bible. On aurait pu trouver ce livre dans la collection « Que sais-je ? » si cette collection comportait des volumes de plus de trois cent pages, et si le présentation n’était pas un peu dépassée. On aurait pu aussi lappeler « Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur la Bible sans oser le demander ! » Ou encore « Le quiz de la Bible »…

Mais il existe une collection de livres grand-public, pédagogique et accessible à tous qui se nomme Pour les Nuls. Cette collection est née en France un peu avant les années 2000 et cest alors imposée en traitant de tout ce qui touche linformatique : Internet pour les Nuls ; Linformatique pour les Nuls ; Window pour les Nuls

Progressivement, devant le succès de ces thèmes, la collection sest étendue à tous les sujets et on a vu des titres comme « Lhistoire de France pour les Nuls » ; « Le Français correct pour les Nuls » ; « Le vin pour les Nuls »…

Et pourquoi pas « La Bible pour les nuls » ?
Depuis 2005, sest chose faite. Et depuis cette date et la première édition, le livre reste dans les dix meilleurs ventes de la collection, alors que cette collection  Pour les Nuls comporte aujourdhui plus de 1000 titres différents.

À noter qu’à la suite du succès de La Bible pour les Nuls, l’éditeur a osé dautres titres religieux comme « La Torah pour les Nuls », « Le Coran pour les Nuls »…

Lun des grands avantages de cette collection, cest quelle est disponible dans toutes les librairies, toutes les chaînes de vente comme Cultura, Fnac ou Amazon, mais encore dans les grandes surfaces comme Leclerc, Auchan ou Casino.

Un guide pour découvrir la Bible

Dans La Bible pour les Nuls, on trouve plusieurs chapitres pour traiter de lhistoire de la Bible. En effet, avant même de parler du contenu du livre le plus diffusé et le plus traduit dans le monde, il fallait expliquer comment il avait été écrit, formé, conservé et par qui. Il fallait aussi raconter lhistoire de la transmission du texte, depuis les papyrus jusquaux codex en passant par les parchemins. Du coup, il est également question de larchéologie et des découvertes importantes comme celle des manuscrits de la Mer morte. On aborde ainsi laventure passionnante du texte.

Puis, je présente chacun des livres de la Bible, depuis la Genèse jusqu’à lApocalypse, sans oublier les textes deutérocanoniques que lon trouve notamment dans les bibles catholiques et en deuxième sélection dans les bibles hébraïques. Cest loccasion alors dexpliquer la différence entre ces textes de deuxième catégorie et les textes apocryphes avec lesquels il ne faut pas les confondre.

Pour chacun des livres de lAncien et du Nouveau Testament, je tente de faire un résumé en indiquant le fil rouge, le message essentiel, lauteur, l’époque et le contexte de rédaction. Puis, je propose des « arrêts sur images » en reprenant lhistoire et la portée du message des grands personnages de la Bible, sans oublier les femmes.

Une partie du livre est consacrée à linfluence de la Bible dans divers domaines comme la peinture, la littérature, la musique, mais aussi le cinéma et la publicité. Il y a même un chapitre sur les expressions bibliques qui sont entrées dans le langage courant, comme « Pleurer comme une madeleine », « Y tenir comme à la prunelle de ses yeux » ou « sen laver les mains »…

Pour garder lesprit pratique, je propose également une grille de lecture biblique pour non-initié et un choix de traductions différentes selon la quête du lecteur.

Il sagit donc bien dune encyclopédie aussi complète que possible sur le Bible, avec de très nombreuses références bibliques.

Un ton journalistique

Tous les livres de la collection Pour les Nuls doivent se ressembler dans la présentation, dans le choix des icônes, dans le ton et dans la perspective éditoriale. Ce pourquoi l’écriture de ce livre ma été confié, cest parce que javais une double casquette – et donc une double compétence – celle du journaliste et celle du théologien. L’éditeur mavait bien précisé la consigne : « Vous usez de votre savoir et de votre bagage de théologien pour le sérieux et la justesse des informations à donner, et vous utilisez votre style journalistique pour emmener ces informations. Vous ne faites pas un travail de pasteur qui veut nourrir ses paroissiens. Vous êtes un journaliste spécialisé dans le biblique qui écrit pour des gens qui ne sont pas catéchisés. »

Cest donc en adoptant cette écriture et ce ton que je me suis lancé dans la rédaction de ce livre. Et cest cette écriture et ce ton qui ont parfaitement atteint le grand public. Mais pas que

En effet, de très nombreux chrétiens, aussi bien catholiques, protestants qu’évangéliques mont affirmé avoir beaucoup appris en lisant La Bible pour les Nuls, nimaginant pas toutes les informations précieuses quils allaient trouver dans ce livre. Certains sen servent pour préparer des études bibliques et des prédicateurs laïcs sen inspirent pour leurs prédications. Impressionnant !

Le succès

Comme signalé plus haut, depuis la première édition de La Bible pour les Nuls, le livre reste dans les dix meilleurs ventes de la collection. Il est même en premier dans les livres dits religieux vendus au format Kindle.

Des dizaines de réimpressions ont été nécessaires pour satisfaire les demandes. Plusieurs éditions différentes ont également été réalisées : La Bible pour les Nuls Illustrée ; La Bible pour les Nuls Juniors ; LAncien Testament pour les Nuls ; Le Nouveau Testament pour les NulsIl y a même eu, à un moment, une édition spéciale pour France-Loisirs. Pour chaque nouvelle édition, jai du me remettre à la rédaction, soit pour ajouter une centaine de pages dans telle présentation, soit pour écrire des chapitres supplémentaires (notamment pour l’édition de poche en deux volumes).

Au total, à ce jour, plus de 180 000 exemplaires ont été vendus. Ce qui fait une moyenne de plus de 13 000 exemplaires par an depuis 13 ans ;  37 exemplaires par jour.

En écrivant ce livre (15 mois de travail), jespérais quil atteigne des gens, mais je nimaginais pas pareil succès. Et jen reste ébahi, ébloui. Mais je sais à qui dire merci !

S’évader, enfin !

Nous sommes à quelques jours des vacances, et que lon soit juilletiste ou aoûtien, nous aspirons tous à un repos bien mérité. Or, ce temps, un peu à l’écart, peut devenir une superbe source de bénédictions.

En effet, certains d’entre nous pensent aux vacances et espèrent changer dair, dactivités, et tout mettre de côté.

Il est sans doute agréable de viser une plage et dy rester des heures pour se détendre et sextraire dune vie trop trépidante, et pourtant !

On peut aussi vouloir sisoler en forêt ou en montagne, rechercher le silence et oublier tous les stress de lannée, mais est-ce suffisant ?

Chacun sait que se reposer vraiment, cest aussi changer ses habitudes, et pas seulement se laisser cuire des deux côtés au soleil.

Une piste différente

Naturellement, mon pasteur aime, en cette période, mencourager à lire la Bible de façon plus précise.

Il me conseille de profiter du repos pour méditer en profondeur.

Il me suggère de me  laisser gagner par la splendeur de la création afin que je puisse louer le Seigneur de façon nouvelle.

Tout cela est juste et bon.

Mais voilà que plusieurs recommandations me parviennent aussi de la part de spécialistes du bien-être : cest bon pour la santé, disent-ils, de se lancer dans des visites culturelles !

Ainsi donc, on peut se détendre et même se reposer en se cultivant !

Selon eux, quelle que soit la façon de se cultiver, les activités culturelles et artistiques sont bienfaitrices pour notre équilibre. Non seulement elles stimulent notre cerveau – qui aime travailler, lui ! – mais elles éveillent en nous, et avec profits, de nouveaux centres dintérêts dès que nous nous laissons émerveiller et que nous nous enthousiasmons. Cette effervescence a un double effet positif ; sur notre santé mentale comme sur notre physique.

Soif de plus !

Manifestement, notre environnement immédiat et coutumier, notre quotidien habituel ne suffisent pas à nourrir notre esprit. Il y a en nous une soif de connaissance et de savoir nettement plus grande que nous ne le pensons, même si nous nous laissons parfois gagner par des paresses naturelles qui nous scotchent dans un fauteuil devant une télévision qui, elle, lave notre cerveau.

Découvrir dautres régions du monde, ou simplement de notre pays ; aller à la rencontre dautres métiers ; apprendre un peu dhistoire en visitant un château ; écouter la passion dun artisan amoureux du bois quil travaille ; ou simplement prendre le temps de lire une belle sagatout cela va plus loin que le simple plaisir immédiat ressenti.

Cela ouvre, dans notre cerveau, des fenêtres, et des portes-fenêtres, lesquelles élargissent magnifiquement notre horizon et permet même à nos pensées, à nos convictions, à nos connaissances, dentrer en résonance avec des espaces insoupçonnés, des terres à exploiter.

Il y a donc des effets secondaires, des ouvertures nouvelles dans des domaines qui ne sont pas nécessairement ceux que nous maîtrisons en osant la curiosité. Notre cerveau est demandeur !

Penser plus grand
Se laisser dépasser par des nouveautés séduisantes, être éblouis par des trouvailles imprévues, sortir des sentiers battus, entraînent des changements dans nos habitudes sécurisées.

Cela nous permet d’être plus sociables, plus ouverts, plus compréhensifs à l’égard de domaines inconnus qui existent pourtant autour de nous, lesquelles surgissent inopinément dans notre environnement, et qui parfois, nous font peur. Plusieurs psychologues et des spécialistes en neurophysiologie attestent qualler à la rencontre de produits culturels provoque un rafraîchissement mental bénéfique. Cest peut-être ce que le prophète Ésaïe préconisait lorsquil écrivait : « Élargis lespace de ta tente. » (Ésaïe 54. 2)

Mais que sont donc les « produits culturels » dont parlent ces spécialistes du mieux-être ?

Ce sont les peintures que lon découvre dans une exposition, les pièces de théâtre ou les oeuvres musicales que lon voit, que lon écoute lors de spectacles ou de concerts.

De fait, cest bien lexpérience que nous avons déjà faite : lorsquun tableau, une sculpture, une sonate nous accroche soudainement – et il faut 4 secondes pour que le tilt sopère en nous – dun seul coup, notre esprit souvre et écoute. Et nous voilà passionné. Notre cerveau discerne, entend, voit, enregistre des choses inattendues qui nous entrainent loin, très loin, dans des lectures et des relectures insoupçonnées, ouvrant des perspectives jusquici inconnues ou oubliées. Une émotion surgit et une gourmandise s’éveille.

On veut en savoir plus. On sinforme. On achète un livre, ou un DVD. On se découvre, on se reconnaît et finalement, on s’évade pour mieux se retrouver.

« Je te célébrerai de ce que j’ai été fait d’une si étrange et si admirable manière. » Psaume 139. 14

Nous sommes une créature merveilleuse et chaque organe de notre corps a une ou plusieurs fonctions essentielles pour lensemble du reste de notre personne. Notre cerveau est absolument prodigieux et toutes les recherches qui se portent sur lui font dire aux savants quil est une « machine extraordinaire, exceptionnelle ».

Pourquoi donc notre cerveau fonctionne-t-il ainsi et pourquoi veut-il nous propulser dans des univers si vastes que nous en avons le vertige ?

Peut-être pour que nous nous dépassions-nous-mêmes !

Peut-être pour que nous soyons subjugués par tout ce qui nous entoure !

Peut-être pour quune partie de la création admire toute la création !

Quoi quil en soit, Dieu nous a donné des capacités formidables quil serait dommage de ne pas exploiter au mieux.

Jai limpression dentendre Job me murmurer à loreille : « Il fait des choses grandes et insondables, des merveilles sans nombre. » (Job 5. 9)

Alors, ne boudons pas ce plaisir daller dans un ailleurs qui nous fera grandir, et qui nous fera admirer un peu plus ce que Dieu fait.

Liberté pour les chrétiens d’Algérie !

Nous sommes en plein Ramadan et si plusieurs organisations évangéliques encouragent les chrétiens à prier pour que le monde musulman s’ouvre et découvre le message biblique, il faut reconnaître que l’islam radical pose un regard différent sur ce que le christianisme représente.

Alors que la presse nous a abreuvé de frivolités autour d’un mariage princier, quelques rares journaux français ont fait remonter une information sur la situation dramatique des évangéliques en Algérie. Changement d’ambiance !

2 ans de prison ferme pour 3 bibles

Le gouvernement algérien a envoyé en France 100 Imams pour toute la durée du Ramadan et, dans le même temps, a durci son attitude à l’encontre des chrétiens en Algérie.

Exemple récent (16 mai 2018) : un algérien chrétien – ancien musulman – de la région d’Oran, a été condamné à deux ans de prison ferme et à une amende correspondant à cinq mois de salaire moyen, pour avoir été en possession de 3 bibles. À la question du tribunal : « Si un musulman vous avait demandé une Bible, la lui auriez-vous donnée ? », l’homme a répondu « Oui ! » Or, depuis 2006, une ordonnance de la République Algérienne dit, en substance : « Est puni quiconque incite, contraint ou utilise des moyens de séduction tendant à convertir un musulman à une autre religion, ou en utilisant à cette fin des établissements d’enseignement, d’éducation, de santé, à caractère social ou culturel, ou institutions de formation, ou tout autre établissement, ou tout moyen financier. »

Sommes-nous dangereux ?

Mustapha Krim, pasteur et ancien président de l’Église Protestante d’Algérie, s’insurge : « En France, les musulmans obtiennent des droits et nous, chrétiens algériens, on nous les enlève. » Et de s’interroger : « Comment nos 45 lieux de culte et nos 60 000 fidèles seraient-ils une menace face à 35 000 mosquées et à 41 millions d’habitants ? »

Nous, chrétiens de France et d’Europe, nous sommes au bénéfice de démocraties où la liberté de conscience, la liberté de culte, la liberté d’expression chèrement acquises – et qui peuvent être perdues. Ne devrions-nous pas faire pression sur nos instances politiques pour qu’elles pèsent de leur pouvoir et de leur légitimité, pour réclamer au moins un peu plus de justice et de liberté là où elles peinent à être respectées.

Pas seulement la tolérance !

Dans la France troublées, bouleversées, ensanglantée de 1789, Jean-Paul Rabaut Saint-Étienne prononçait un discours remarquable à l’Assemblée Nationale. Ce discours reste d’une brûlante et pertinente actualité, et il faudrait que, transposé, il puisse retentir dans bien des pays du monde, et pas seulement en Algérie :

« Messieurs, les Protestants font tout pour la patrie ; et la Patrie les traite avec ingratitude Ils la servent en citoyens ; ils en sont traités en proscrits. Ils la servent en hommes que vous avez rendu libres ; ils en sont traités en esclaves. Mais il existe enfin une Nation Française, et c’est à elle que j’en appelle, en faveur de deux millions de Citoyens utiles, qui réclament aujourd’hui leur droit de Français. Je ne lui fais pas l’injustice de penser qu’elle puisse prononcer le mot d’intolérance ; il est banni de notre langue, où il n’y subsistera que comme un de ces mots barbares et surannés dont on ne se sert plus, parce que l’idée qu’il représente est anéantie. Mais, Messieurs, ce n’est pas même la Tolérance que je réclame ; c’est la Liberté ».

Nous aussi !

Pourquoi ne pas envoyer, individuellement, un message d’encouragement aux chrétiens d’origine musulmane en Algérie, en adressant un courrier au président de l’Église Protestante d’Algérie ?

C’est ce que je vais faire, tout simplement, et bien fraternellement, en passant par un relai sûr et discret. Et je suis prêt à transmettre, de la même façon, tous vos messages pour qu’ils atteignent vraiment les chrétiens d’outre Méditerannée.

Nous étions tous otages !

Elle s’appelle Julie, elle a quarante ans, un mari et une fillette. Parce qu’elle n’a pas trouvé d’emploi à la hauteur de ses diplômes, elle est caissière dans un super-marché depuis plus d’un an.

C’est elle que le lieutenant-colonel Arnaud Beltrame remplace en tant qu’otage. Il sait que le terroriste veut « tuer de l’uniforme ». Déjà trois morts, et la détermination morbide, suicidaire de l’assaillant ne laisse rien présager de bon. Arnaud est quasiment condamné. Mais il n’a pas hésité.

La suite, nous la connaissons, et elle est bouleversante à plus d’un titre.

Julie, gardant son sang-froid, est restée longtemps sous la menace d’une arme sur la nuque. Aujourd’hui, elle est miraculée, saine et sauve, bien vivante tandis qu’une autre femme pleure celui qu’elle devait épouser dans quelques semaines.

Julie a déclaré : « Il a donné sa vie pour moi, il s’est fait tuer pour que je vive ».

Au moment où la France rend hommage au geste héroïque d’Arnaud Beltrame, nous devons aussi nous souvenir que cette triste affaire, dans laquelle se mêlent violence et noblesse, nous parle de Celui qui s’est également substitué pour sauver les hommes menacés et condamnés par une mort programmée. Il a pris la place des otages du mal pour se laisser frapper injustement. Cette substitution et ce sacrifice pour qu’une personne – qui ne pouvait espérer pareil échange – puisse vivre, est tragiquement éblouissante : « Il a donné sa vie pour moi ! »

Cette réalité pourrait très bien devenir pesante pour l’otage libérée, voire culpabilisante et profondément insoutenable. Qui donc mérite qu’un inconnu donne sa vie pour nous ? Mais tous les proches du lieutenant-colonel le disent et le répètent : « Il était comme ça, prêt à tout au nom de la France et de son métier. Il ne pouvait pas faire autrement que de se donner. »

Nous sommes, en tant que chrétiens, d’anciens otages de la mort éternelle, et le « tenant lieu » de Dieu, Jésus, est venu au cœur de la violence pour la désarmer au nom de l’Amour et de son Père. Le devoir d’aimer. Il a donné sa vie pour nous. N’oublions pas ! N’oublions jamais à quel prix nous avons été sauvés.

Étymologie de lieutenant : celui qui tient lieu, qui représente le chef.