Le risque de l’entre-deux

“Parce que tu es tiède… “ Ap 3. 16

L’erreur de Pilate est d’avoir voulu éviter trop de confrontations, et d’avoir cherché une solution médiane dans “l’Affaire Jésus”. Le Sanhédrin qui a condamné le Seigneur à mort, ne peut appliquer la sentence ; c’est du ressort de l’occupant que d’exécuter un condamné. C’est pourquoi les religieux sont obligés de demander à Pilate de crucifier Jésus. Le gouverneur romain tergiverse et, parce qu’il pense calmer le jeu, accepte de faire fouetter l’accusé. Il imagine qu’en voyant Jésus meurtri et pitoyable, les accusateurs se satisferont de cette punition. Il espère dégoupiller la haine qu’il perçoit comme injuste à l’encontre de l’homme de Galilée. Il ne prend pas vraiment position et cherche une sortie honorable au problème : satisfaire la hargne des religieux et épargner la mort à celui qu’il juge innocent. La politique du moindre mal ne passe pas et finalement, Pilate doit se résoudre à la condamnation à mort, même s’il s’en lave les mains. Quelques trois ans plus tôt, Hérode s’est trouvé dans une situation identique à l’égard de Jean-Baptiste. Pressé par sa femme qui ne supportait pas le prophète, il l’a mis en prison pensant calmer la fureur de son épouse. Mais l’épouse a manigancé pour avoir la tête de Jean et finalement, Hérode s’est trouvé dans l’obligation d’exécuter l’homme pourtant innocent. Le manque de décision forte et claire entraîne toujours un flou qui n’a rien d’artistique et celui qui pensait trouver une solution alternative, conciliante, se fait finalement piéger. Quand on croit trouver un équilibre entre le bien et le mal, on ne devrait pas ignorer que c’est toujours le mal qui finit par l’emporter. Si on pense plaire à tout le monde, on ne plait à personne ; mais il y a toujours un parti qui en est victime. Leçon à ne pas oublier.

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